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Christian GODIN Se réaliser au travail

mercredi 19 décembre 2018

Espace Georges Conchon, 3 rue Léo Lagrange à Clermont-Fd

Développer l'altruisme au travail : quel intérêt pour le travailleur ?

par le philosophe Christian Godin

Notre société est individualiste, et, avec le régime de concurrence, l'individualisme semble encore plus présent dans les milieux du travail.
Pourtant, des comportements réellement altruistes existent, plus nombreux qu'on ne le croit, et, contrairement à une opinion communément reçue, ils apportent à ceux qui les adoptent davantage de satisfaction que les comportements égoïstes.

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Résumé de la conférence

C’est le philosophe Auguste Comte qui, au début du XIXe siècle, a forgé le terme d’altruisme pour l’opposer à l’égoïsme. L’altruisme est la tendance à vivre et à agir prioritairement dans l’intérêt d’autrui.

Au travail, il prend des formes diverses. Il commence par l’empathie et le soutien psychologique (on n’insistera jamais assez sur l’importance de la parole chez ceux qui sont en difficulté), et va jusqu’à l’aide matérielle (lorsque, par exemple, on effectue le travail à la place de celui qui, pour une raison ou une autre, en est empêché). On remarquera à ce propos que l’altruisme n’existe que s’il est volontaire et désintéressé.

Ce comportement est devenu particulièrement difficile dans nos sociétés à cause de l’individualisme (lequel confine à l’égoïsme), de la frustration ressentie par un nombre croissant de personnes (ceux qui sont en difficulté ont tendance à croire que les autres sont mieux lotis qu’eux : pourquoi les aideraient-ils ?), à cause également du régime de concurrence généralisée qui pousse à la compétition et à la rivalité entre les individus.
Par ailleurs, l’organisation du travail aujourd’hui, avec l’individualisation des tâches et des gratifications, la multiplication des emplois précaires ou à temps partiel, est peu favorable à l’altruisme. Il faut du temps pour que la solidarité se construise.
Enfin, la contractualisation toujours croissante du travail implique l’idée que le travail ne peut être de l’ordre du don, d’autant que l’aide désintéressée est rarement reconnue, que ce soit par la direction que parfois par les bénéficiaires eux-mêmes.

Et pourtant, les bienfaits de l’altruisme au travail sont évidents.
Du point de vue de l’intérêt économique, l’efficacité est réelle car l’entraide est sans doute le meilleur moyen pour écarter ces grands maux qui frappent les individus et les entreprises : le stress, le burn-out, la dépression…
Du point de vue moral, l’altruisme est exemplaire puisqu’il implique, comme tout comportement moral, la réciprocité possible : aider autrui, c’est se mettre dans la position de celui qui, en retour, pourra être aidé (sans que cette réciprocité mette en péril le caractère désintéressé de l’altruisme).
Du point de vue psychologique, l’altruisme est un bienfait reconnu. Beaucoup trop de gens l’ignorent : on ressent plus de plaisir à donner qu’à prendre. Prendre ne procure que de l’excitation tandis que donner procure de la joie. Les neurosciences montrent que le souci de l’autre est associé à l’activation des mécanismes du plaisir dans le cerveau, mettant en jeu une chimie complexe. Il est prouvé que l’altruisme est bon pour la santé du corps comme de l’esprit : donner, faire du volontariat réduit le risque d’hypertension artérielle et de troubles cardio-vasculaires.

Malgré les difficultés évoquées plus haut, l’altruisme est plus répandu qu’on ne le croit. Mais comme il ne figure dans aucune statistique économique, on n’y pense guère. Si notre société continue de fonctionner tant bien que mal, c’est non seulement parce qu’une majorité fait bien son travail mais aussi parce qu’une grande minorité fait plus que son travail.

Christian Godin

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